DAC Aviation International: Premier Vol

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C’est peut-être une question destin, mais ce n’est certainement pas une coïncidence, que le premier vol dans lequel notre compagnie d’aviation nouvellement formée s’embarquait était au cœur d’une des pires catastrophes humaines de l’histoire contemporaine. Comment aurait-on pu prédire ce que le destin et le destin nous réservaient? Lorsque nous avons décollé de la piste 09 à Lokichokkio et que nous nous sommes dirigés vers le nord au-dessus de la chaîne de montagnes qui cachait Loki au nord, je peux vous dire que le niveau d'anxiété était élevé. Alors que je volais au Soudan depuis trois ans, que j’avais vu ma part de morts et de destructions et pris des risques qui, franchement, je préférerais ne pas me souvenir, c’était différent cette fois-ci. Cette fois, c’était notre avion, notre responsabilité, notre risque. Pour la première fois, nous le faisions pour notre entreprise, notre personnel, notre avenir; les enjeux étaient incontestablement élevés. J’avais parié sur toute ma carrière dans l’aviation, mon avenir financier et celui de ma famille: un contrat de 30 jours et un avion au mieux problématique et peu fiable. Cependant, alors que nous avions atteint une altitude de croisière qui maintenait un équilibre entre l'hypoxie et les tirs d'armes légères, le désir de mener à bien cette mission à tout prix n'aurait pu être plus fort.

L'Opération Life Line Sudan était une opération des Nations Unies qui avait une histoire mouvementée et qui devait avoir un avenir controversé. La guerre civile qui a sévi au Soudan entre le nord et le sud a fait des millions de morts, de personnes déplacées et de faim. La guerre avait déchiré des familles et opposé frère à frère, là où les jeunes et les innocents ont le plus souffert. C’était une guerre où le génocide et le nettoyage ethnique se produisaient quotidiennement et où personne n’était en sécurité, surtout les avions. C'était la guerre silencieuse, l'éléphant blanc dans la pièce où le reste du monde avait fermé les yeux. Pourtant, nous transportions 8,6 tonnes de vivres de l'UNICEF pour enfants appelés unimix dans un village inconnu appelé Waat, afin que des milliers d'enfants puissent manger et vivre.

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Nous avons repéré le village à au moins cent milles de distance, non pas parce que Waat ne présentait aucune particularité terrestre unique. Le Soudan du Sud est un paysage sans relief où sable, arbuste, feux de brousse, pluie et sécheresse changent de jour en jour. Ce qui a attiré notre attention, c’est un entonnoir noir tournant lentement dans le sens inverse des aiguilles d’une montre qui montait de notre destination. C'était différent de tout ce que j'avais vu auparavant et rien dans mon passé n'aurait pu me préparer à ce que j'allais affronter de première main.

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En approchant des coordonnées du village, nous avons pris conscience avec horreur de ce que nous regardions depuis 30 minutes. L’entonnoir noir s’est avéré être constitué de milliers de vautours entourant la zone de fortune où nous allions atterrir. Le ciel était si épais avec ces créatures que l'atterrissage semblait être une certaine impossibilité. En supposant que ces énormes oiseaux seraient effrayés à la vue de l'avion, nous avons commencé à les contourner, mais toutes nos tentatives en ce sens se sont soldées par un échec. Ils ne céderaient pas. Nous avons décidé de tenter une approche en sachant qu'un impact d'oiseau dans la bonne zone de l'avion aurait été désastreux. Ce n’est qu’à la courte finale que nous avons réalisé l’ampleur de la mort devant nous; Des milliers de morts et de mourants jonchent la région à perte de vue. Hommes, femmes et enfants, plus de vingt mille personnes déplacées attendent depuis des mois l'espoir. On ne peut décrire la vue et l'odeur de la mort dont nous avons été témoins à Waat, il serait vain d'essayer de le faire. La vue d'enfants vivants avec des estomacs gonflés gisant à côté de leurs parents décédés, tandis que les vautours se disputent pour leur corps et les nourrissent parfois aussi, des personnes trop faibles pour monter à bord de l'avion tout en restant plongées dans l'ombre atterrir et se régaler. Les gens étaient nus et émaciés, couverts du sable du Sud et pourtant silencieux et sans se plaindre, attendant. C'était un spectacle accablant qui est gravé à jamais dans ma mémoire. Pendant les trente prochains jours, nous effectuions trois rotations par jour vers Waat et lentement, cet entonnoir noir disparaissait. Le 10 mars 1994, sept mois après le lancement de cette entreprise, le cycle de la mort et de la famine s’est terminé pour des millions d’enfants et leurs parents.

Alors que nous volions dans ces régions éloignées et inaccessibles du Sud, le monde s'est finalement levé et a pris connaissance. Le reste, comme on dit, relève de l’histoire, mais je peux vous le dire sans aucun doute, la persévérance et les efforts monumentaux des centaines d’hommes et de femmes qui travaillent chaque jour pour cette grande entreprise ont fait une énorme différence, peut-être même plus alors toute autre organisation ayant opéré dans ces régions. Notre avion spécialisé et notre attitude «DACan-Do» ont sauvé des millions de personnes ainsi que plus de quelques membres du personnel de l'ONU, leur ont donné de l'espoir et, finalement, un pays qu'ils appellent maintenant le leur. Nous avons surtout nourri les enfants là où d'autres exploitants d'aéronefs ne pourraient pas ou ne voudraient pas aller, et à 20 ans, nous avons nourri les enfants que nous avons nourris ce jour-là à Waat. Une cause plus noble qu'il n'y en a pas.